Le zona

Le même virus (Virus Varicelle Zona : VZV), peut provoquer la varicelle quand il infecte un enfant pour la première fois et le zona lorsqu'il est réactivé plus tard chez l'adulte. En France, 97 % des individus ont des anticorps contre ce virus, ce qui signifie que presque tous les enfants ont été contaminés lors de leur enfance lors d'une primo-infection de varicelle. Le zona est beaucoup moins contagieux que la varicelle avec une fréquence qui augmente après 50 ans.

Le zona est provoqué par la réactivation du VZV resté latent dans les ganglions sensitifs rachidiens après une primo-infection virale de varicelle. Le virus peut se réactiver sous certaines influences (maladies cancéreuses, irradiations, traitements cytotoxiques, immuno-dépression, certaines affections neurologiques) pour donner le zona, infection localisée et non plus généralisée comme la varicelle. Le risque de réactivation du VZV augmente avec l'âge et est la plupart du temps lié à un déficit immunitaire. Une fois réactivé, le virus se multiplie dans le ganglion sensitif postérieur puis chemine le long du neurone sensitif du dermatome correspondant jusqu'à la peau où il provoque une lésion vésiculeuse. Les lésions de la gaine de myéline provoquées par la multiplication virale expliquent les douleurs aiguës et les séquelles douloureuses chroniques (DPZ).
La localisation du zona est le plus fréquemment rachidienne (90% des cas) et peut être céphalique (5 à 10% des cas) en particulier ophtalmique mais aussi otologique.

Les manifestations

L'éruption est caractéristique : elle débute par une sensation de brûlure d'un territoire cutané, puis se poursuit quelques heures ou quelques jours plus tard, par l'apparition d'une rougeur. Des vésicules semblables à celles de la varicelle apparaissent ensuite. L'éruption est toujours unilatérale et s'accompagne de douleurs variables en intensité suivant la localisation. L'éruption vésiculaire est généralement précédée par de la fièvre et quelques adénopathies. Les zonas ophtalmiques sont souvent très douloureux et peuvent atteindre la cornée et l'endommager. Sans traitement, la maladie évolue vers la guérison en deux à trois semaines mais les douleurs peuvent parfois persister jusqu'à trois mois après l'apparition du zona (algies post-zostériennes). Les douleurs post zostériennes (DPZ) sont d'autant plus fréquentes que le sujet est âgé et que la douleur de la phase éruptive a été intense. Elles sont difficiles à traiter car souvent résistantes aux antalgiques périphériques et centraux.
Le traitement permet d'écourter la durée de la maladie et limite le risque de douleur résiduelle. Le zona est contagieux aussi est-il conseillé d'éviter de fréquenter les enfants, les personnes âgées, les personnes séropositives et les malades cancéreux pendant la durée de l'éruption et jusqu'à la disparition des croûtes.

Les complications possibles

En cas de localisation céphalique, les complications possibles en cas d'atteinte ophtalmique sont la névrite optique, les kératites, les glaucomes et en cas d'atteinte otologique, la surdité. En cas d'atteintes du système nerveux central, on peut craindre encéphalites et méningo-encéphalites. Des paralysies musculaires localisées peuvent également survenir en cas d'atteintes rachidiennes.

Traitement et prévention

Le zona de l'adulte et de l'enfant immunodéprimé nécessitent un traitement précoce par l'Aciclovir, particulièrement efficace s'il est administré dès le début des signes cliniques (idéalement dans les 72 premières heures) et à fortes doses.
Le traitement repose sur 3 principes :

Une corticothérapie est parfois mise en place mais elle ne semble pas faire l'unanimité. Sa prescription pourrait se justifier par la diminution du risque de survenue de douleurs post-zostériennes.
Les douleurs post-zostériennes pourront être traitées par des antidépresseurs tricycliques type amitriptyline, par des antiépileptiques type carbamazépine (paliers progressifs en 2 semaines) ou par des neuroleptiques. Des dérivés morphiniques pourront être utilisés en cas de douleurs trop intenses.